Mariage Turc Traditionnel (photo by Gaelle Bizeul)
Tout commence par la demande en mariage, le kız isteme, où le futur marié et sa famille viennent demander la main de la jeune femme autour d’un café. Viennent ensuite la promesse et les fiançailles, le söz et le nişan. Entre les fiançailles et le mariage, les deux familles se partagent l’organisation : la liste des invités, la salle, les tenues et le trousseau de la mariée, le çeyiz.
Le mariage lui-même s’étale sur plusieurs jours. La veille, la mariée réunit les femmes de son entourage pour la kına gecesi, la nuit du henné. Le jour J, le marié vient la chercher chez elle en cortège, les futurs mariés passent devant l’officier d’état civil, et la fête s’ouvre, avec ses danses et ses dons en or. Ces traditions du mariage turc varient selon les régions, et chaque famille les adapte à son calendrier. Les mariages kurdes partagent plusieurs de ces coutumes, comme la nuit du henné et le halay, avec leurs propres variantes.
La musique tient une place à chaque étape. La nuit du henné se vit au son des chants populaires, les türkü, volontiers mélancoliques. Le matin du mariage, le davul et la zurna annoncent l’arrivée du cortège dans la rue. Le soir, un orchestre ou un groupe enchaîne le halay et les danses de la fête, avant qu’un DJ prenne le relais en fin de nuit. Pour retrouver cette ambiance, de l’oud aux chansons turques, vous pouvez réserver des musiciens orientaux pour un mariage, en vérifiant avec eux qu’ils jouent ce répertoire.
Le kız isteme, littéralement « demander la fille », ouvre toute cérémonie de mariage turque. Traditionnellement, c’est le jeune homme et sa famille qui prennent l’initiative de faire la demande en mariage. Le futur marié, le damat, se rend avec ses proches au domicile de la future épouse, la gelin (« la mariée »), pour solliciter sa main auprès du père de la future mariée.
Parfois, un aîné du côté du jeune homme prend la parole à sa place. Le damat apporte aussi des présents, comme un bouquet de fleurs ou des spécialités de sa région. Si la réponse est positive, les deux familles se réunissent pour célébrer l’union à venir : tout ce processus vise à créer des liens familiaux forts.
La jeune femme prépare ensuite le café turc et le sert à toutes les personnes présentes, en commençant par les plus âgées. Une tasse, cependant, n’est pas comme les autres : dans celle de son futur époux, la future mariée a versé du sel ou du poivre. Il doit la boire sans montrer de surprise ni de mécontentement. Ce rite très populaire montre la patience dont l’homme fera preuve et l’amour qu’il portera à sa femme, ainsi que son engagement envers le couple, dans le meilleur comme dans le pire.
Ce café n'a rien d'anodin : la culture et la tradition du café turc sont inscrites depuis 2013 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qui rappelle son rôle lors des cérémonies de fiançailles.
Après la demande, les deux familles scellent leur accord, puis célèbrent les fiançailles. Ces deux moments sont aussi ceux des premiers cadeaux échangés.
Le café servi, les deux familles donnent leur consentement devant leurs invités : c’est le söz kesimi, ou söz kesme, du mot söz, « la promesse ». Les pères l’annoncent dans un discours, d’abord celui du damat, puis celui de la gelin. La famille du jeune homme apporte une bague et des douceurs, et l’on fixe ensemble les bijoux qui seront offerts à la future mariée. Dès que la parole est donnée, l’ambiance est à la fête, et chacun peut préparer les fiançailles.
Le nişan est la soirée de fiançailles. Elle se tient chez les parents de la future mariée ou dans une salle des fêtes, avec un grand repas et de nombreux cadeaux pour la fiancée. Les deux familles échangent aussi le bohça : un baluchon de tissu garni de linge et de vêtements pour le couple, présenté aux invités. Pour l'échange des alliances, les deux anneaux, posés sur un plateau, sont reliés par un ruban rouge. Selon les familles, c’est le père de la fiancée, sa mère ou un aîné respecté qui coupe le ruban, symbole du passage des fiancés à une nouvelle vie. Les futurs époux portent ensuite leur alliance à la main droite jusqu’au mariage.
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La veille du mariage, la nuit du henné turque, ou kına gecesi, marque les adieux de la future mariée à sa vie de jeune fille. Cette soirée se passe surtout entre femmes, chez la mariée. La future mariée porte le bindallı, une robe rouge, en général de velours, ornée de broderies dorées, et un voile rouge couvre son visage. Ses proches lui appliquent du henné sur les mains, parfois aussi sur les pieds.
Le moment le plus émouvant arrive avec les chants. Ses amies et sa famille entonnent des türkü sur le départ de la jeune fille de la maison familiale. La plus connue, « Yüksek Yüksek Tepelere » (« Sur les hautes collines »), fait pleurer la mariée et une bonne partie de l’assemblée. Un groupe de musique traditionnelle peut accompagner ces chants. Pendant le rituel, la mariée garde la main fermée et ne l’ouvre pour le henné qu’une fois que sa belle-mère y a déposé une pièce d’or. La soirée se termine ensuite en musique, autour de rafraîchissements et de douceurs.
Le déroulement du jour J dépend de la région et des familles, mais il suit en général le même fil : le cortège vient chercher la mariée, puis viennent les cérémonies.
Le mariage commence tôt le matin. Le marié, accompagné d’un cortège, vient chercher la mariée à son domicile : c’est le gelin alma, littéralement « prendre la mariée ». Le davul et la zurna mènent la marche, et tout le cortège de mariage chante et danse dans la rue.
Le ministère turc de la Culture et du Tourisme, qui décrit les traditions du mariage en Turquie, cite ce défilé avec son drapeau, son tambour et son hautbois. Il précise aussi que les cérémonies commencent souvent le mardi pour se terminer le jeudi, ou le vendredi pour s’achever le dimanche. Devant la porte, la famille du marié glisse un peu d’argent pour qu’on la laisse repartir avec la mariée.
Pendant ce temps, la mariée se prépare avec ses proches. Avant son départ, son frère ou un proche lui noue un ruban rouge autour de la taille, le kırmızı kuşak, la « ceinture rouge ». Traditionnellement, il symbolise sa chasteté. Aujourd’hui, le ruban rouge du mariage turc est encore très porté, mais on délaisse de plus en plus la notion de pureté, au profit d’un porte-bonheur pour le couple.
En France, le mariage civil à la mairie passe avant toute cérémonie religieuse. La règle est inscrite dans la loi : l’article 433-21 du Code pénal sanctionne le ministre d’un culte qui procède de manière habituelle à des mariages religieux sans que l’acte de mariage civil lui ait été justifié.
Pour les familles qui le souhaitent, le nikah religieux, ou imam nikahı, apporte ensuite la bénédiction religieuse au couple, le plus souvent le même jour, en fin de journée. En Turquie, le mot nikah désigne aussi le mariage civil, d’où l’importance de préciser. Notre guide pour organiser un mariage musulman en détaille le déroulé.
Après les cérémonies, place à la fête. Le halay en est le cœur. L’office de tourisme officiel de Turquie, qui raconte comment se déroule un mariage turc, décrit cette danse comme une même mélodie reprise en boucle, qui démarre lentement puis accélère. Les danseurs se tiennent par la main ou par le petit doigt, et le meneur, en tête de file, agite un mouchoir. Cette danse turque de mariage n’a rien de compliqué : les pas sont simples et tout le monde peut rejoindre la file.
Vient ensuite le takı, le moment des dons. Les convives passent un à un devant les mariés pour épingler de l’or ou des billets sur le ruban ou l’écharpe qu’ils portent, le temps d’une photo. Les proches offrent en général une pièce d’or, le çeyrek altın, ou un bijou, tandis qu’un collègue ou une connaissance glisse plutôt un billet. Ces dons aident le jeune couple à démarrer sa vie à deux.
Le repas, généreux, enchaîne mezzés et plats chauds, et la fête se prolonge tard dans la nuit. Deux petites traditions complètent la journée. Sous la semelle de ses chaussures, la mariée écrit les prénoms de ses amies célibataires : celle dont le nom s’efface en premier sera, dit-on, la prochaine à se marier. Et sur le trajet, des enfants barrent parfois la route de la voiture des mariés et ne la laissent repartir qu’en échange d’une petite enveloppe.
Pour savoir comment s’habiller pour un mariage turc, retenez une règle simple : le dress code est celui d’une soirée habillée, chic et élégant. Robe de cocktail ou robe longue pour les femmes, costume pour les hommes. Évitez le blanc, réservé à la mariée, et prévoyez des chaussures confortables, car le halay peut durer longtemps.
La mariée, elle, change de tenue selon le moment. À la nuit du henné, elle revêt le bindallı brodé d’or et le voile rouge. Le jour J, place à une robe blanche, ornée de broderies ou non, avec le ruban rouge noué à la taille.
Chaque moment de la fête a sa musique. À l’arrivée du cortège, rien ne remplace le davul et la zurna : leur son porte loin, et ils lancent les premières danses dès la sortie de la maison ou devant la salle. Au moment du repas, un duo oud et ney (flûte de roseau) ou une chanteuse turque installe une ambiance plus douce.
La nuit du henné appelle une chanteuse ou un chanteur qui connaît les türkü que les familles attendent, de « Yüksek Yüksek Tepelere » aux chansons de leur région d’origine. Pour un mariage turc en France, vérifiez au moment de réserver que les musiciens maîtrisent ces morceaux, et demandez-leur une liste de titres.
Le soir venu, une formation live fait danser toutes les générations, des danses traditionnelles aux chansons françaises, avant qu’un DJ enchaîne pop turque et tubes internationaux jusqu’au bout de la nuit. Pour réunir vos deux familles sur la piste, choisissez un ensemble capable d’intégrer quelques halay à son programme, et trouvez l’orchestre pour votre mariage.
Un mariage turc traditionnel dure plusieurs jours, en général 3 en Turquie. La nuit du henné ouvre les festivités la veille du mariage, puis viennent le jour J, avec le cortège et les cérémonies, et enfin la fête. En France, les familles adaptent souvent ce calendrier et regroupent parfois les étapes sur moins de jours.
Le ruban rouge noué à la taille de la mariée, le kırmızı kuşak, symbolisait traditionnellement sa pureté. Son frère ou un proche le lui attache le matin du mariage, avant que le cortège l’emmène. Aujourd’hui, beaucoup de familles y voient surtout un symbole de bonheur et de protection pour le couple.
De l’or ou des billets, épinglés sur les mariés pendant le takı : il n’y a pas de liste de mariage. Si vous êtes de la famille proche, prévoyez une pièce d’or, un çeyrek altın, ou un bijou. Collègue, voisin ou ami plus lointain, un billet suffit. Ces dons servent au couple pour s’installer.
Oui. Un mariage célébré devant l’officier d’état civil turc est en principe valable en France. Si l’un des époux est français, l’union doit être transcrite sur les registres de l’état civil français, auprès du consulat de France compétent. Cette transcription permet ensuite d’obtenir un acte de mariage délivré par l’administration française.
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